Course annulée à cause de la pluie.... Mais :
Congrès mouvementé et annulé
En 2010, à St Gilles un vent de fronde avait perturbé le contenu du congrès fédéral.
Un esprit de règlement de compte dont toute la saison allait se ressentir.
On croyait l’abcès crevé, surtout quand l’intersaison a vu toutes les parties prenantes se réunir et prendre un certains nombre de décisions. Décisions sur lesquelles nous avons basé nos interviews pour que s’expriment des personnes aux avis très différents.
Parmi ces décisions adoptées à une très large majorité, voir même à l’unanimité, il y avait :
- la disparition du groupe 2 des raseteurs
- le recul de l’âge maximum à l’avenir à 27 ans, puis ramené à 25.
- la fin de la limitation des raseteurs avec l’apparition de l’affiche (moins 1).
Tout semblait baigner dans l’huile, quand une lettre d’une des codirectrice du trophée taurin, dictée par on ne sait quels intérêts, est venu rompre le calme apparent de ce début de saison.
L’objet : revenir sur la suppression du groupe 2.
Le comité directeur de la FD, rejetait la demande.
Et comme par enchantement, le refus signifié à la codirectrice du trophée taurin a engendré la colère des raseteurs qui ne s’étaient pas spécialement manifesté jusque là.
Cette colère, bien préparée ces jours derniers, s’est exprimée à l’ouverture du congrès aux Saintes Maries de la Mer ce dimanche.
Une délégation massive de raseteurs envahie la scène, interpelle la FD, lui demande de revenir sur la suppression du groupe 2, sans quoi ils empêcheront la tenue du congrès.
Ces même raseteurs remettent leurs 45 licences à Mr Itier, le président de la FD, lui signifiant que sans un retour au groupe 2, ils refusaient d’entrer en piste.
Devant l’ampleur de la crise, le président décide de réunir en urgence le Comité Directeur sur place.
Les aficiouna, venus nombreux, n’en croient par leurs yeux et leurs oreilles et devront subir plus d’une heure d’attente avant d’avoir de nouvelles informations.
Arrive enfin un porte parole de la Fédération, qui annonce tout simplement l’annulation du congrès. Comme la course est annulée, elle, pour raison de pluie, on souhaite une bonne journée à tous les aficiouna, les invitant à rentrer chez eux, circuler il n’y a plus rien à voir…
Avec la saison 2010, déplorable, nous pensions avoir touché le fond, eh bien non : le pire était à venir, nous l’avons vécut ce dimanche aux Saintes et peut être que la descente aux enfers n’est pas terminée, ce séisme d’une intensité de 8 sur le monde de la bouvine, n’est peut être que la première grande secousse d’une série plus dévastatrice.
Les gens sidérés, restent sur place pour essayer de comprendre et c’est que nous avons fait également.
Le premier interrogé, est le Président Itier qui explique la décision d’annulation du congrès. Vingt cinq membres du comité directeur seulement présent, sur plus de quarante. Dans ces conditions, il n’était pas possible de prendre une décision représentative, il manquait essentiellement des manadiers et des raseteurs !!!!
C’est donc avec responsabilité, nous dit Mr Itier, que le congrès a été annulé avant que les raseteurs « frondeurs » ne le fassent manu-militari.
Intrigué par cette volte face des raseteurs, nous avons tout d’abord recueilli les explications de G. Rado, ex raseteur, responsable de l’école taurine d’Arles et responsables des courses camarguaise dans cette même arène.
Voici donc ses explications : il y a eu tromperie de la part de la FD, dans la mesure où nos représentant au bureau non jamais été d’accord avec ces mesures et surtout celle de la disparition du groupe 2, et ce bureau a ensuite trompé le Comité Directeur en lui assurant que tout le monde était d’accord y compris les raseteurs.
Surprenant quand on sait que cette décision, Henri Itier nous l’annoncée comme acquise dès le mois de décembre. Plus de deux mois pour réagir et le faire le jour du congrès, est pour le moins difficile à admettre.
Nous avons ensuite pris l’avis d’un fédéral en la personne d’André Turquay, membre du bureau.
- Faux ce que disent les raseteurs, leurs représentants ont été d’accord et même négocié cet accord en demandant le changement de l’âge limite pour l’avenir. Je suis persuadé qu’il y a la dessous des personnes qui tirent les ficelles, avec je ne sais quels buts, si non peut être de dé stabiliser la FD. C’est d’une irresponsabilité qui fait froid dans le dos et qui fait passer des intérêts personnels avant l’intérêt général, celui de la course camarguaise.
Finalement, les acteurs étant sur place une réunion informelle se tient dans une salle adjacente.
Beaucoup de raseteurs, quelques membres de la Fédération dont le Président, deux manadiers, J Mailhan leur président et Mme Magalie Saumade, Mr Gonfon président de l’Acto et nombre d’aficiouna qui avaient réussis à se faufiler.
Ce fut le grand déballage. Des interventions parfois constructives, des remarques pertinentes mais aussi des irresponsables qui jouent avec le feu et tentent le chaos.
Parmi les remarques pertinentes, nous pouvons citer H. Poujol qui reconnaît qu’ils (les raseteurs) n’ont pas été bons. J. Mailhan renchérit en faisant remarquer qu’avec plus de sérieux de la part des raseteurs nous n’en serions pas là (ce qui tend à corroborer les déclarations d’A. Turquay). Répondant à J Mailhan (remettez-vous un peu en question), H. Poujol admettra qu’il faut un changement de mentalité chez les raseteurs, travail des ficelles, mais aussi chez les manadiers, gestion des sorties de leurs taureaux (âge et fréquence).
N. Noguéra, représentant des raseteurs, accusait la FD de ne pas s’attaquer aux vrais problèmes de la course camarguaise, par exemple revoir les critères de sélections des jeunes qui montent « en pointe », et demande que des raseteurs participent à ces sélections. D’autres raseteurs complèteront cette remarque en accusant la FD de privilégier la non prise de risques dans les critères de sélections. H. Poujol dira : s’il y a des jeunes qui se jettent à la tête du taureau, il faut les encourager et non les éliminer !
C’est donc tout le travail, la mentalité de formation des jeunes qui est mis en cause avec une sélection au bout qui fait la part belle aux « calculateurs » et aux faux rasets.
Le président de l’Acto faisait remarquer que lors de ses rencontres, les raseteurs étaient d’accord sur l’affiche plus un entrant. De plus affirmait-il, certains (raseteurs du groupe 2) doivent comprendre qu’il est temps de raccrocher !
Le temps passant, il y a eu ceux qui voulaient que tout se règle de suite, dans cette salle, au mépris des institutions et de la démocratie. En fait ce qui était demandé : revenons aux mêmes conditions de fonctionnement qu’en 2010 où tout aller bien, là immédiatement, et revoyons-nous pour préparer 2012.
J. Mailhan et H. Itier faisaient comprendre que ce n’était pas possible, qu’il y avait des règles à respecter et que nous ne serions plus crédibles auprès des instances extérieures si nous ne respections pas les règles de fonctionnement.
Nous rajouterons que c’est regarder la saison 2010 par le petit bout de la lorgnette que de dire que tout allait bien en 2010. Soixante pour cent des ficelles sont rentrées aux torils et les spectateurs ont déserté les gradins. Si avec çà tout va bien !!!
D’ailleurs, Joël Passemard ex raseteur averti, faisait remarquer qu’il entendait beaucoup parler de points et pas assez de rubans ou de qualité de travail.
Quand à A. Hugon, il appelait à cesser la guerre de clans et demandait aux manadiers de faire un peu le ménage chez eux, prenant l’exemple d’un taureau sorti dimanche à Aimargues et reprogrammé le 20 mars !!
Venons en aux propositions, B. Villard considérant que les raseteurs sont sous représentés dans les instances fédérales, demande à ce que cette question soit revue.
Henri Itier proposait donc, que les raseteurs viennent demain lundi à la réunion du Comité Directeur, avec toutes leurs propositions. Il s’engageait à ce qu’elles soient toutes discutées, toutes y compris celle de refonte du Comité Directeur par exemple.
C. Garcia, quand à lui, demandait à ce qu’il n’y ait pas de précipitation et que la FD écoute plus les raseteurs, ce qui rejoint l’idée d’une représentation plus importante de ces derniers.
Il va se soit que la réunion du Comité directeur lundi soir est attendue avec impatience et crainte à la fois, car il peut en sortir le meilleur comme le pire. Tout dépend de l’état d’esprit qui animera les participants.
Emile Grande
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