Lunel  13  novembre  2010              

                               Arène pleine pour les adieux à la piste d’un raseteur hors pair.

 

                                                                     Pour Sabri, la fête fut belle.

 

                    A quatorze heures, les gradins étaient pleins et le temps avait décidé d’être des nôtres.

On commença par un magnifique spectacle de Renaud Vinuesa qui chauffa le public, même si ça n’était pas vraiment nécessaire.

Ce fut ensuite au tour des Peñas Le Mithra et La Gardounenque de prendre possession de la piste. Les arlésiennes du Velours Pescalune et du groupe R. Vinuesa se mirent en place avec des attelages et les gardians des manades Lafon et Vinuesa.

Le décors étant planté, la capelado pouvait commencer. Défilèrent d’abord les anciens de l’école taurine de Vendargues ( celle de Sabri), puis on appela des grands noms du crochet , Ben Amar, Bensalah, Felix, Mezi, Messeguet, R. Pascal tout en énumérant leurs palmarès.

On appela ensuite les trois tourneurs de la carrière de Sabri, Valat, Bruno et Benzegh et ce furent deux demoiselles d’honneur de la reine d’Arles qui allèrent chercher Sabri Allouani pour lui faire traverser la piste sous un tonnerre d’applaudissements, alors que Jacques Valentin au micro n’en finissait pas de lire le palmarès unique de Sabri. La journée était lancée et bien lancée, dans la joie mais avec une grande solennité car tous les présents savaient qu’ils étaient entrain de vivre un évènement exceptionnel. Participer aux adieux d’un As comme Sabri, fut un grand moment et laissera dans le cœur et la tête des présent des marques indélébiles, des souvenirs qu’on aura plaisir à raconter à nos enfants et petits enfants.

Certains, qui n’ont plus vingt ans en ont connu deux, peut être trois, avec Chômel, Castro ou Soler, et celui d’aujourd’hui s’inscrit comme l’un des plus  grandioses. Certes, Sabri ne faisait pas l’unanimité, mais le plein des arènes de Lunel, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, remet les pendules à l’heure laissant aux absents , et qui avaient fait ce choix, le risque des regrets.

                   Il fallait une course comme support, et dans l’ordre ce fut Bolero de Lafon, Belloli de Fabre-Mailhan, Saphir de Saumade, St Gillois des Beaumelles, Racanel de Cuillé, Tancrède de Nicollin, Languedocien de Briaux et Bartabas de Lautier qui permirent à Sabri et ses amis raseteurs divisés en deux groupes, de nous faire plaisir. Le travail fut propre, très appliqué et Sabri qui affronta tous les taureaux démontra combien il avait encore de bons restes. Et que si son retrait se faisait avec panache, il aurait pu prétendre faire encore une ou deux saisons  supplémentaires.

En alternance avec ces cocardiers, la commission organisatrice avec à sa tête J. Valentin nous réserva quatre surprises. Les présentations en piste de Pasteur, Michou, Guépard et Mathis  qui restera celui à avoir reçu le dernier raset de Sabri.

   Au milieu de cette journée, un moment de détente mais symbolique, la prestation des anciens de l’école de Vendargues face à un taureau emboulé de Félix.

Eut lieu en piste, et sous les projecteurs, une remise de prix par le maire de Lunel à Sabri qui , porté par ses amis raseteurs, fit un  tour de piste en remerciant le public qui le lui rendit bien. Un grand moment d’émotion qui fit couler pas mal de larmes y compris chez Sabri.

           Quelques instant plus tard, on se retrouvait salle G Brassens, où élus, président de la Fédération et « président » de la commission d’organisation on rendu un touchant et solennel hommage à l « artiste » et sportif de haut niveau qu’est Sabri. Un apéritif offert par la société Ricard clôturait cette réception, avant que les plus courageux ne se retrouvent à la manade Boch et Jean pour une nuit d’enfer.

 

             Si demain, l’idée de se retrouver la saison prochaine sans Sabri en piste, risque de nous remplir de mélancolie et d’angoisse pour l’avenir de la course camarguaise, aujourd’hui la fête fut belle et à la dimension de l’évènement. La vie,  et la course camarguaise avec, vont continuer car il y a eu un avant, il y a eu Sabri et il y aura un après forcément, mais qui risque d’être bien fade par rapport à ce que nous venons de vivre.

Espéront que dans les jeunes qui frappent à la porte, il y ait un futur Sabri …Rêver est permis !

 

                                                                                                   Courrejau

 

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