R A Y N A U D

 

Comme au temps de Joseph…

 

Durand la saison 2007, et au trident d’Or en particulier, les pensionnaires du Grand Radeau se sont fait remarquer.

Les commentaires du lundi ont souvent mis en avant la manade Raynaud, il est vrai un peu dans l’ombre depuis quelque temps.

Nous avons voulu avoir quelques explications, savoir par quelle recette miracle ou processus scientifique, cette résurrection avait-elle eu lieu.

Reçu par Jean Marcel et Fréderic, passé les vœux et civilités, nous entrons dans le vif du sujet.

*Il y a-t-il eu des changements dans la gestion de la manade ?

La réponse est simple et sans appel : Non.

La manade, achetée par Mathieu Raynaud au début des années 1900, connaitra un passage difficile durant la guerre de 14, car Joseph le fils de Mathieu étant mobilisé, c’est son père malgré son âge et son fils Casimir (15 ans) qui assureront.

A son retour, Joseph prend les commandes et « sortira des taureaux comme Lou Greffa, Maquisard ou Tango.

Puis viendra le tour de Casimir et son frère Jacques de prendre le relais. Qui ne se souvient de Régisseur (biou d’Or 1957), Escamille ou Evêque gagnant à la cocarde d’Or ?

Déjà gardianouns, Marcel et Jean accèdent à la gestion avec Jacques (leur oncle) à la mort de leur père Casimir (1959). Ce sera le temps des « Chauve, Vaurien et Scorpion ».

Gardian à son tour en 1975 (16 ans), Frédéric rachète la part de Jacques en 1985 et voilà constitué le trio Marcel, Jean et Fréderic qui depuis, inlassablement, avec patience et passion

s’occupe de la mande.

Si les taureaux de Marcel et Jean sont marqués à droite alors que ceux de Fréderic le sont à gauche, si les escoussures diffèrent également, la gestion est collective sans distinction d’appartenance.

C’est comme au temps de Joseph, quand il était seul !!!! C’est LA manade Raynaud.

(Aujourd’hui en société : SNC manade Raynaud)

* Soit, mais alors si ce n’est pas un apport de sang neuf qui a fait bouger les choses, ni un changement de gestion, quel est le secret ?

Marcel : Nous avons toujours décidé en commun du mieux et pour le mieux que nous pensions, en choisissant l’étalon par exemple, comme tous les manadiers. Alors qu’est-ce qui a fait le reste ? LA CHANCE, LE HASARD comme pour les autres…Il n’y a pas de science exacte en la matière, ça se saurait et ce serait un peu triste.

Exemple historique, la vache d’Aubanel Gypsie qui s’échappe de Beauvoisin fin septembre, passe deux mois dans les marais de La Fosse, d’où elle n’aurait jamais du ressortir, rejoint nos bêtes au Clamadou, se fait prendre par Provence et donne naissance à Vovo ….

Autre exemple du hasard, pendant la guerre, nous perdons nos pâturages, notre manade est hébergée par un autre manadier qui possède deux étalons d’Aubanel qui vont saillir nos vaches et naitrons ainsi les Régisseur, Evêque et autres…

Malgré ce, c’est passionnant !!! (fin de citation)

Le secret c’est donc qu’il n’y en a pas …

Pour autant n’allez pas croire qu’être manadier c’est uniquement s’en remettre à la chance ou au hasard !!!

Il faut de la compétence, beaucoup d’abnégation, de pugnacité et 10 à 12 heures de travail par jour, tous les jours, dans des conditions climatiques parfois extrèmes.

Bref, il faut une passion du taureau qui permet de surmonter tout cela, et cette passion on la sent, sans avoir trop à gratter, chez les Raynaud pères, mères, fils, filles et petites filles. Une famille exemplaire de solidarité dans l’accomplissement de ce qui de génération en génération est maintenant ressenti comme une mission.

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N’avez-vous pas essayé d’introduire du sang « neuf » ou une qualité de barricadier qu’il vous manque ?

Frédéric : Si bien sûr à plusieurs reprises et avec des manades différentes, mais les résultats ont été décevant. De toute manière aujourd’hui, avec tous les risques de transmission de maladies ça n’est plus envisageable, en tous cas déconseillé.

Jean : encore un cas pour montrer le côté aléatoire de la sélection, nous avons voulu une année « allonger » un peu les cornes et donc choisi un étalons à grandes bannes. Le résultat fut à l’inverse de l’effet recherché, que des petites cornes !!!!

Justement en matière de maladies, où en êtes-vous ?

Frédéric : Après la tuberculose, la locose, la brucellose, voire la langue bleue ou la fièvre aphteuse, voilà que maintenant sévit la IBR. Une maladie dont la conséquence est l’avortement. Il faut, et nous l’avons fait, vacciner toutes les bêtes et tous les ans. C’est beaucoup de travail en plus et des dépenses dont on se passerait. Aujourd’hui, touchons du bois, tout va bien. Les bêtes sont en état et on est dans le vert sur tous les plans.

Que les bêtes soient en état, nous pouvons en témoigner puisque nous avons eu la chance de les côtoyer, juché sur la remorque d’arribage (voir toutes les photos sur le site : grandemile.com).

Alors ces jeunes qui font l’affiche, qui sont-ils ?

D’abord les confirmés, comme : Bounty, Caillé, Cancarel, Didou ou Envella, puis effectivement il y a Mouisset, Marca mau et Séverin qui ont 6 ans et nous laissent espérer. Mais il y a aussi des plus jeunes, sans nom, comme le 360 qui montrent le bout de leurs cornes.

Nous l’avions bien senti, ça bouge au Grand Radeau…nous ne parlons pas de la mer qui est venu encore une fois « lécher »le mas, mais bien des taureaux et vaches qui semblent vouloir sortir de l’anonymat.

C’est bien sûr tout le mal que nous souhaitons aux «  Raynaud », que Marcel et Jean se rassurent, ils ont avec Frédéric (et ses filles Ode et Aurélie) mais également avec leurs autres enfants et petits enfants la certitude que l’œuvre entreprise depuis 4 générations à de l’avenir.

Retenez déjà une date : le 16 mars aux Saintes Maries de la mer, royale avec :

Caillé, Bounty, Cancarel, Didou, Envella et Mouisset

Allez –y, question de vérifier …

Courrejau

Les photos :

     

 

index.htm hiver_des_manades.htm